03.12.2007

Demander pardon pour la colonisation

"Pas de paix sans justice, pas de justice sans pardon": voilà une formule de Jean Paul II qui a fait l'unanimité bien au delà des rangs de l'Eglise catholique. Aujourd'hui, le président Nicolas Sarkozy a déclaré que le système colonial a été "profondément injuste" au premier jour de sa visite d'Etat en Algérie. C'est un pas bien faible par rapport aux blessures ressenties par les ressortissants des anciens pays colonisés. On est bien loin d'une demande de pardon. Cette déclaration ne mentionne pas la contribution de la France à cette "injustice", encore moins sa faute.. Pourtant, il y a eu des précédants dans le domaine politique: en effet, des hommes d'Etat ont demandé pardon publiquement pour des fautes collectives commises par l'institution qu'ils représentent. Ainsi, Juan Carlos a fait amende honorable à la synagogue de Madrid, pour l'expulsion en 1492 des juifs espagnols. En 1970, le chancelier allemand Willy Brandt s'est agenouillé devant le monument commémorant le ghetto de Varsovie. Et le président tchèque Vaclav Havel a demandé pardon, à Munich, à la minorité allemande des Sudètes expulsée de Tchécoslovaquie après la guerre. Si la France ne parvient pas à cet acte d'humilité, à accepter cette culpabilité, à implorer ceux qui ont souffert de lui pardonner, quelque chose de cette blessure sera toujours présent dans les ressortissants des anciennes colonies françaises et une vrai relation d'amitié ne pourra pas s'installer..

26.11.2007

Nouvelle ère pour l'Australie

Ce soir, à une réunion, une amie arrive en pleien forme.. "Tu sais qu'une nouvelle ère s'ouvre en Australie?' me dit-elle. Je suis obligée d'avouer mon ignorance. "Les élections qui viennent d'avoir lieu portent au pouvoir le fringant Kevin Rudd, qui vient succéder à John Howard, 68 ans après onze au pouvoir. " m'annonce-t-elle alors. Et de préciser que le programme du candidat vainqueur comporte deux promesses très intéressantes pour la fraternité: celle de ratifier le protocole de Kyoto (l'Australie est l'un des seuls pays industrialisés -avec les Etats Unis- à ne pas avoir pris des engagements en termes d'émissions de gaz à effet de serre) et celle de retirer les troupes se trouvant en Irak. C'est donc un pas avant à la fois dans la direction de la protection de l'environnement et dans la promotion de la Paix. Et quand on apprend qu'en plus Kevin Rudd parle courament le chinois, on se plait à imaginer qu'il pourrait excercer une influence dans ce sens sur le gouvernement de Pékin.. Espérons donc qu'il suive la voie de ses promesses et mette à profit son potentiel, énorme, en faveur d'un monde plus fraternel.

29.10.2007

La réforme des universités

Le texte voté cet été autour de la réforme des universités a déjà fait couler beaucoup d'encre: annonce de risques de concurence entre établissements, évolution vers le mercantilisme, etc. Certaines de ces craintes sont injustifiées, car ces mesures sont, pour certaines, appliquées depuis longtemps. Par exemple, certains soulignent la possibilité prévue par le nouveau texte, pour une université d'avoir du personnel contractuel, mais cela existe depuis bien longtemps dans les faits. Quant à la concurence, elle peut être saine et cela fait bien longtemps que les étudiants comparent les formations ou que les laboratoires de recherche sont évalués. Pour moi, le risque de ce texte se trouve dans une disposition bien particulière: la prime majoritaire aux élections du conseil d'administration. La liste arrivée en tête remporte la majorité des sièges. Cela représente un vrai risque pour le pluralisme, car certaines sensibilités, certaines disciplines (quand il s'agit d'une université pluridisciplinaire comme celle dans laquelle je suis affectée) risquent de ne plus être vraiment représentées. Personnellement, j'adhère à une culture du débat, du dialogue.. et cela nécessité la diversité. Sans cette diversité, pas de lien fraternel vrai à construire..

14.09.2007

Du débat en politique

Ce week end, à Grenoble, se tient un grand forum citoyen à l’initiative du journal Libération. Il rassemble des hommes politiques de tous bords, de ce qui est classiquement appelé droite et de ce qui est, tout aussi classiquement,, désigné par gauche. Les thèmes de débat vont des “banlieues et l’emploi des jeunes” à “les députés doivent-ils prendre le pouvoir ?”. En tout, quinze ateliers et quatre-vingts débats. Et des intervenants de tous les horizons, comme Edgar Morin, Patrick Devedjian, Daien Conh-Bendit, Rachida Dati. La formule est basée sur le débat respectueux, où toutes les questions sont ouvertes; sur chaque sujet on trouve d'abord une confrontation entre deux intervenants puis un débat avec la salle. “Les universités d’été, ce sont des débats entre gens qui pensent la même chose, nous avons voulu confronter les points de vue, animer le débat d’idées” dit l'un des organisateurs. D’autres forums sont envisagés dans d’autres villes en 2008.
Une culture du débat, de l'échange d'idées, où chacun essaie de penser une question sans a priori, en respectant l'autre qui a un point de vue différent, et dans le but du sens commun ne peut qu'être un plus pour la fraternité. Car c'est sûrement à plusieurs, d'horizons plitiques différents, que l'on trouve les meilleures solutions.

04.09.2007

Lectures autour du don

Ce matin, pour démarrer ma journée, je lisais un texte de Chiara Lubich. Elle parlait de la différence entre le bien être et le bonheur. J'y réfléchissais, en me disant que c'était profondément vrai, et que peut être le bonheur était même dans ce qui peut sembler le contraire du bien être, à savoir le "don".
Ce soir, pour conclure ma journée, je parcours le journal "Le Monde". J'y apprend qu'aujourd'hui Bill Clinton publie simultanément dans plusieurs pays son dernier livre intitulé: "Donner : comment chacun de nous peut changer le monde" (paru chez Odile Jacob, 300 pages, 21,50 euros). Dans un article paru dans le même journal, l'auteur déclare "J'ai fait de mon mieux dans ce livre pour démontrer que toutes sortes de dons peuvent produire un changement positif en profondeur, que chacun a un don précieux à faire et que d'innombrables individus et associations ont besoin d'aide. Bien entendu, chacun doit décider ce qu'il se sent moralement tenu de faire et ce qui le rendra heureux. Toutes les religions évoquent l'obligation que nous avons de nous aider les uns les autres." ou "Qui est le plus heureux ? Celui qui unit ou celui qui divise ? Celui qui construit ou celui qui détruit ? Celui qui donne ou celui qui prend ? Je crois que vous connaissez la réponse. Que ce soit au bout de la rue ou de l'autre côté de l'océan, le monde a besoin de vous. Donnez."
Quelles convergences, n'est ce pas? et comme je suis d'accord avec cette idée que le bonheur est dans le don!

27.08.2007

Bonnes nouvelles au JT

Non, le journal télévisé ne fait pas seulement sensation avec des faits divers affligeants. Parfois, on y trouve aussi des infos belles, montrant un plus dans le sens de la fraternité.
Deux exemples cette fin de semaine. Samedi: on nous annonce le décès de notre ancien premier ministre, Raymond Barre. Il a été aussi maire de Lyon. Et voici qu'on nous présente son successeur à la mairie, Gérard Collomb, du bord politique opposé (l'actuel maire est socialiste, et Raymond Barre était UDF), qui ne tarit pas d'éloge sur le disparu. Et Gérard Collomb d'évoquer avec bonheur devat les caméras les visites impromptues de Raymond Barre, lui proposant de faire ensemble un tour dans leur ville.. On sentait deux hommes, de bords politiques opposés, mais avec un même regard orienté autour du bien commun de Lyon.
Autre exemple: la tradition oppose les agriculteurs, décrits volontiers comme "pollueurs", épadant force insecticides et les apiculteurs, qui en souffrent puisque les insecticides tuents les malheureuses abeilles. Et pourtant, ces deux opposés peuvent aller au delà de ces querelles et s'allier pour le bien des deux parties: des apiculteurs fournissent gratuitement aux agriculteurs des semences pour faire fleurir des jachères fleuries, dites jachères apicoles (plus de renseignements sur http://www.jacheres-apicoles.fr/index.php), les agriculteurs qui ont l'obligation des jachères les sèment, pour le plus grand bien des abeilles et des apiculteurs... Conclusion: l'unité fait progresser chacun, cqfd!

30.05.2007

Un pas vers un vaccin contre la grippe aviaire

Le virus de la grippe aviaire ne fait plus la une des médias. Pourtant l'inquiétude persiste et grandit. Des cas suspects chez l'homme sont apparus et l'épizootie continue à se propager dans les élevages, en particulier dans des pays pauvres. En Indonésie, le 17 mai, une fillette de 5 ans infectée par le virus H5N1 (dans ce pays, déjà 77 personnes sont décédées des suites de la maladie) succombait alors que d'autres foyers ont été récemment recensés en Chine et au Ghana. L’Organisation mondiale de la santé animale (OIE) souligne l’importance d’une « gouvernance vétérinaire et d’une solidarité renforcées au niveau mondial ». Tout l'espoir résiderait en un vaccin, mais là on observe le pire, à savoir l'absence de la collaboration qui serait nécessaire pour le mettre au point. En effet, le partage des souches du H5N1 permettrait de surveiller sa mutation pour élaborer un vaccin efficace. Malheureusement, l’Indonésie refusait de transmettre les souches en sa possession. Et voilà que, lors de l’assemblée annuelle de l’OMS à Genève qui s'est tenue du 14 au 23 mai, les 192 Etats membres sont parvenus à un accord pour faciliter l’échange de souches de virus, y compris l’Indonésie. Il s'agit d'un pas décisif vers la production d'un vaccin, pas qui n'aurait pas pu être franchi sans un esprit de fraternité.

05.05.2007

Germes de fraternité en politique

Toujours sur les germes de fraternité dans les programmes des deux candidats, on peut énumérer les points suivants. Dans le programme de Madame Royal : construction de 120 000 logements sociaux /an, sanctions pour les communes qui ne proposent pas une place d'hébergement d'urgence pour mille habitants, création d'un service public de la caution, extension des prêts à taux zéro, régularisation des sans-papiers à partir de critères de durée de présence en France, de scolarisation des enfants, de l'existence d'un contrat de travail, introduction de l'histoire de l'esclavage dans les programmes scolaires, création de dispensaires dans les zones rurales, rétablissement des moyens de soins pour les étrangers en situation irrégulière, prévention de l’impact des pollutions sur la santé, promotion des médicaments génériques dans les pays en voie de développement, révision de notre politique d’aide au développement en passant à un co-développement, renforcement des coopérations européennes dans les domaines de l'environnement, de la recherche, de l'énergie, lancement d'une initiative européenne pour une conférence de paix et de sécurité au Proche-Orient, mise en place d’un service public de la petite enfance et la scolarisation obligatoire dès 3 ans, développement du maintien à domicile des personnes âgées, place aux personnes handicapées et humanisation de la prison. Dans celui de Monsieur Sarkozy : objectif de zéro SDF dans deux ans, mise en place de la discrimination positive, défense des droits de l’homme, mise en place d’une Union Méditaréenne avec les pays du Sud, favoriser le travail et l’intégration dans l’enseignement supérieur des personnes handicapées, scolarisation de tous les enfants handicapés d'ici cinq ans, placement dans d’autres structures, mieux adaptées, d’un grand nombre de personnes qui n’ont rien à faire en prison, en particulier les personnes qui souffrent de troubles psychiatriques.
Conclusion : si on essaie de ne pas porter d’oeillères, on voit des germes de fraternité chez les deux protagonistes, même si ce n’est pas dans les mêmes proportions. Etre fraternel avec les candidats porte aussi à cela : voir des germes positifs partout ! Bon vote demain !

Germes de fraternité dans les programmes politiques?

Dans les programmes de Madame Royal et celui de Monsieur Sarkozy, quels sont les germes de fraternité les plus évidents? Pour répondre à cette question, il faut regarder notre grille de lecture ligne par ligne sans a priori et en essayant de penser que les deux candidats ont le souci de la fraternité. Nous allons commencer par la fraternité avec les générations futures (dette, éducation, environnement, retraites, recherche), on peut constater : a) que pour ce qui concerne la dette, les deux programmes sont identiques car ils aggravent la dette dans les deux cas b) en ce qui concerne la recherche et l’environnement, le programme de Madame Royal semble clairement plus préoccupé par cette question c) en ce qui concerne la retraite, les deux programmes semblent insuffisants et peu soucieux de cette question d) en ce qui concerne l’éducation, les deux programmes contiennent des germes de fraternité. Par exemple, les deux veulent réduire les effectifs des classes dans les zones difficiles. Monsieur Sarkozy veut augmenter les bourses, Madame Royal le soutien scolaire. Donc, des germes de fraternité dans les deux programmes, mais un souci plus grand de la fraternité avec les générations futures chez Madame Royal

04.05.2007

Les duels

En moins d'une semaine, nous avons été les spectateurs de deux duels politiques: Royal-Bayrou d'abord, Royal-Sarkozy ensuite. Personnellement, j'ai été beaucoup plus intéressée par le premier que par le second. Je me suis demandée pourquoi. En réfléchissant, je m'aperçois que cela n'est pas du aux attentes que l'on pourrait avoir sur l'un ou l'autre: mes attentes étaient dans les deux cas une congrontation respectueuse d'idées. Cela est du à l'attitude de l'un envers l'autre: dans le débat Royal-Bayrou, j'ai senti une confrontation d'idées dans le respect des personnes et des différences. Il s'agissait d'un vrai débat, gratuit, constructif, et l'on sent un vrai respect, presque amical, entre les deux protagonistes. Cette attitude de l'un envers l'autree porte à l'attention; du coup on "entend" clairement le débat d'idées. Dans le second cas, les enjeux étaient différents: il y a avait bien sûr un certaine courtoisie entre les protagonistes, mais je sentais clairement que le but pour l'un comme pour l'autre était de "gagner des points" dans l'opinion: du coup, cette absence de gratuité fait que l'on "entend" moins clairement la confrontation d'idée autrement que sous une forme caricaturale.
Dois je en déduire que seules l'amitié, la gratuité et le respect entre les protagonistes permet un vrai échange d'idée? je serais poussée à répondre oui.

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