12.09.2009

Dialogues tous azimuths

Autour de moi, beaucoup de propos sont noirs, archi-noirs: tout va mal, et ira de plus en plus mal. C'est presque de bon ton que de confirmer le pessimisme ambiant en affichant une mine aussi grise que possible. Mais cela est-il justifié? Dans l'actualité, il y a aussi des signes très positifs. Par exemple, le 1er septembre dernier, la Turquie et l'Arménie, deux pays en froid depuis le génocide arménien, ont rendu public une "feuille de route" sur l'établissement de relations diplomatiques et sur le développement de relations bilatérales. Et l'édition de demain du Journal Le monde annonce à la une que "Les Etats Unis et l'Iran vont amorcer un dialogue". Pourtant, dans les deux cas, la situation semblait bien loin de l'apaisment et d'un dialogue renoué. Alors, n'y aurait-il pas aussi des raisons d'espérer? Est ce vraiment naïf que de refuser la morosité et le péssimisme?  je crois que non, et je suis déterminée à lutter contre cette mode de la noirceur. Non par naïveté. Non par imbécilité. Non pas parce que je voudrais lutter contre les effets de mode, histoire de faire chic. Mais juste parce que je pense que cette noirceur n'est pas justifiée, et que le monde tend vers le dialogue et la paix.

07.09.2009

Etre fonctionnaire

Je suis fonctionnaire. Nombreux sont ceux qui penseront que ce n'est guère passionnant. Dans leur tête, le mot renvoie à un personne installée derrière son bureau en regardant sa montre ou alors à celui qui abuse de la situation de stabilité de l'emploi pour n'en faire qu'à sa guise, c'est à dire le moins possible.. Pour ma part, mon travail de fonctionaire me passionne. Pourquoi? Parce que j'y vois une opportunité rêvée de travailler pour le bien commun, c'est à dire pour une société plus juste, solidaire, fraternelle. Quelque soit la nature de la tâche: qu'il soit balayeur ou professeur d'université, guichetier au centre des impôts ou bien gardien d'un Parc national, ministre, médecin dans un hôpital public, il est toujours celui qui est là pour le bien de tous. Et alors tout prend un sens! On me demande d'assister à une réunion ennuyeuse? de remplir des formulaires pour préparer la pandémie de grippe? d'écrire un article scientifique? de préparer un cours? de faire un travail bureaucratique fastidieux? tout cela fait sens, car c'est une occasion d'agir pour le bien commun. Je parle souvent de cette vision du fonctionnaire avec mes collègues, et je dois dire que cette occasion d'échanger indirectement sur les valeurs de fraternité qui sous-tendent ce travail donne toujours lieu à des profonds échanges. La plupart de mes collègues partagent cette vision. C'est beau d'être fonctionnaire donc, les fonctionnaires sont un corps qui agit pour le bien de tous!

25.06.2009

Bref partage dans le bus

Plusieurs sièges sont libres dans le bus, mais je choisis de m'installer à côté d'une jeune femme voilée de la tête aux pieds par un genre de burka. Je lui souris, lui demande si la place est libre. Nos regards se croisent, je la sens tendue. La fraternité, c'est ausi briser ses préjugés. Je la sens nerveuse, et assez rapidement, elle me demande si je sais comment se passent les examens. Elle m'explique alors qu'elle se rend à un oral du Bac, et qu'elle s'était trompé d'adresse si bien qu'elle était à présent très en retard. Une discussion s'engage, puisque je lui explique que justement, je suis Professeur à l'Université. Je tente de la rassurer. Nous nous intéressons l'une à l'autre à présent; je lui demande ce qu'elle veut faire ensuite et elle me dit qu'elle aimerait devenir avocate. Lorsque nous arrivons à destination, je sens que nous sommes heureuses toutes les deux; un espace de fraternité s'est construit. Je lui dis que je vais penser très fort à elle, et elle a un immense sourire, avec les traits tous détendus!