25.06.2009
Bref partage dans le bus
Plusieurs sièges sont libres dans le bus, mais je choisis de m'installer à côté d'une jeune femme voilée de la tête aux pieds par un genre de burka. Je lui souris, lui demande si la place est libre. Nos regards se croisent, je la sens tendue. La fraternité, c'est ausi briser ses préjugés. Je la sens nerveuse, et assez rapidement, elle me demande si je sais comment se passent les examens. Elle m'explique alors qu'elle se rend à un oral du Bac, et qu'elle s'était trompé d'adresse si bien qu'elle était à présent très en retard. Une discussion s'engage, puisque je lui explique que justement, je suis Professeur à l'Université. Je tente de la rassurer. Nous nous intéressons l'une à l'autre à présent; je lui demande ce qu'elle veut faire ensuite et elle me dit qu'elle aimerait devenir avocate. Lorsque nous arrivons à destination, je sens que nous sommes heureuses toutes les deux; un espace de fraternité s'est construit. Je lui dis que je vais penser très fort à elle, et elle a un immense sourire, avec les traits tous détendus!
22:11 Publié dans Se soucier de l'autre | Lien permanent | Commentaires (1) | Envoyer cette note
09.01.2009
Fraternité dans le dégoût
C'est un grand classique: vous êtes dans un train, vous allez aux toilettes, vous les trouvez répugnantes, vous refermez la porte entrouverte sur l'horreur et essayez celle d'en face. Ouais.. Chacun tient les autres pour responsables (ce n'est pas moi qui ai fait ça donc ce n'est pas à moi de nettoyer, c'est à la SNCF de s'en occuper), la situation comme inéluctable (c'est toujours ainsi les jours de départs en vacances).. et donc, rien ne change. L'autre jour, au cours d'un voyage, j'ai brusquement pensé à la personne qui serait chargée de nettoyer, aux autres voyageurs qui détourneraient la tête, dégoutés. Alors je suis restée dans la cabine, et, avec les faibles moyens du bord, j'ai procédé au nettoyage de la saleté faite par d'autres. Quel bonheur en sortant! non pas la joie d'être sortie de là, mais celle que l'on ressent en pensant au bienfait causé aux autres, qui n'en sauront rien! C'était une action de fraternité, minuscule, invisable, dans un train
20:32 Publié dans Se soucier de l'autre | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : fraternité, solidarité
07.12.2008
Fraternité en chaîne au marché
Ce n'est pas la première fois que je le constate: quand on tend la main à une personne, ce geste ne s'arrête pas là, mais peut être le début d'une chaîne de fraternité. Petit exemple insignifiant au marché ce matin: j'attend devant un stand de légumes, et voilà que la marchande me demande ce que je désire. Je lui explique que la dame à côté de moi était là avant moi. Cette dame, à son tour, explique que le monsieur à côté d'elle était le premier. Et pendant que la marchande sert le monsieur, un petit échange entre la dame et moi. Elle m'explique qu'elle se sent de moins en moins souvent respectée, mais que quand cela lui arrive, elle a envie de faire de même, à son tour! Bref, tendez la main et cela fait boule de neige! et la fraternité devient réciproque!
18:41 Publié dans Se soucier de l'autre | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : fraternité, réciprocité
09.09.2008
La réciprocité
Parfois, je suis pleine de bonnes intentions. Il y a 8 jours, je me disais que j'allais écrire à X pour lui dire tout mon soutien pour le travail délicat qu'il était sur le point d'entreprendre en Italie, et à Y pour lui souhaiter une bonne année universitaire, et encore à Z pour lui souhaiter un bon anniversaire, sans oublier S, qui devait repasser une épreuve de son diplôme d'infirmière et que je voulais encourager, et une pensée pour M qui venait de perdre sa maman. Et le soir, maigre bilan: je n'avais rien fait! mais voilà que je trouve dans ma boîte mail le courriel d'un ami canadien, venu me souhaiter une bonne rentrée, le jour même de la rentrée! Aussitôt dit, aussitôt fait! alors que je m'apprêtais pourtant à me coucher, m'estimant morte de fatigue, j'écris à X, puis à Z et quelques minutes plus tard je suis en train de choisir la carte la plus approrpiée pour S, et enfin je rédige un mail pour M! D'où m'est venue toute cette energie? mais du mail de cet ami! Je sentais comme une chaîne, initiée ailleurs, et que je pouvais poursuivre ici.. Ce geste de fraternité que l'on reçoit, et que l'on transforme en gestes de fraternité pour d'autres: Une réciprocité qui, plus qu'un retour de manivelle à l'envoyeur, devient germe d'une société plus fraternelle ailleurs! Je me suis couchée 30 minutes plus tard que prévu, mais avec quelle joie en moi!
23:22 Publié dans Se soucier de l'autre | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : dialogue, fraternité
10.07.2008
Encourager
Hier, au travail, je vois un plombier en train de réparer un évier. Il est concentré, très appliqué, et cela au milieu d'une générale indifférence. Il faut dire que dans ce service de recherche à l'université, certains travaux sont valorisés (faire de la recherche, écrire un article, faire une conférence, etc) mais manifestement pas ceux de ce Monsieur. Pourtant, le travail qu'il fait est fort utile et j'en suis toute admirative. Alors, je me dis que parfois, se soucier de l'autre, cela peut consister tout simplement à lui prêter attention et à valoriser ce qu'il fait. Malgré la lourde charge de travail d'une chef de service, je décide donc d'arrêter de tourbilloner pour prendre un peu de temps pour remercier ce plombier du travail tellement utile qu'il fait, l'encourager, et lui dire que nous allons tous beaucoup apprécier le nouvel évier. Je vois qu'il est tout heureux de cette remarque, puis reprend son travail. Ce n'est pas grand chose, mais ce court échange était comme une parenthèse de fraternité qui m'a rendue heureuse et a permis une vraie, quoique fugace, rencontre.
22:14 Publié dans Se soucier de l'autre | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : fraternité, solidarité, rencontre, dialogue
07.07.2008
Solidarité sur un parking
Hier, en garant ma voiture dans un parking, j'accroche légèrement une autre voiture. Un petit coup d'oeil, et je constate un petite trace visible sur l'autre véhicule, immatriculé en Irlande. La tentation de partir sans rien dire me traverse l'esprit de façon fugace. Mais ma conscience me pousse au contraire à écrire un mot gentil, en anglais, en laissant mes coordonnées. Le soir, les propriétaires du véhicule endommagé me téléphonent, et une relation belle, simple, juste et cordiale s'installe tout de suite. Ils sont touchés du mot que j'ai laissé, et me remercient à plusieurs reprises. Nous convenons qu'ils me recontacteront une fois rentrés de leurs vacances, et qu'ils m'enverront la facture.
Au fond de moi, cette joie caractéristique que l'on ressent après avoir posé un geste de fraternité. Et face à cette joie, mon budget a si peu d'importance! Cela empiètera sur la somme que je mets de côté pour remplacer ma propre voiture, différerant son achat.. mais c'est de peu d'importance, par rapport à ce monde plus juste et équitable que je peux ainsi construire!
23:10 Publié dans Se soucier de l'autre | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : fraternité, solidarité, justice
09.02.2008
Solidarité minuscule
Parfois, des gestes de solidarité minuscules, microscopiques nous donnent une joie durable. C'est l'expérience que j'ai fait avant hier, alors que je rentrais exténuée du travail avec comme seule envie de prendre une douche et de manger. Et là dans le parking, je vois l'une de mes vieilles voisines, une petite dame toujours accompagnée d'un chien presque aussi grand qu'elle et qu'elle parvient à peine à maîtriser. A côté d'elle, trois sacs plein de provisions. Je n'apprécie pas trop cette voisine, qui m'a embêtée pour une histoire de voisinage ridicule (elle m'a réclamé un laurier que j'avais récupé dans la poubelle après concertation avec le gardien, j'ai soigné assidîment la plante et lorsqu'elle était à nouveau en pleine forme 2 ans après, cette voisine me l'a réclamé en me disant qu'il lui appartenait.. je le lui ai rendu). Bref, pas trop envie de revenir sur mes pas pour aller vers elle et lui proposer mon aide. Mais la petite voix qui me pousse à la fraternité et là, elle se fait insistante et donc je m'approche de la voisine pour l'aider. Elle en est heureuse, et moi aussi... ce petit geste minuscule m'a donné bien plus de joie qu'il ne m'a couté d'effort!
17:52 Publié dans Se soucier de l'autre | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : fraternité, solidarité
03.02.2008
Petit geste
Ce n'est qu'un petit geste. Ce soir, devant la porte de l'immeuble, un sachet en plastique vole au vent. Je m'apprête à continuer mon chemin, me disant qu'il s'envolera ailleurs, que quelqu'un sûrement le rammasera, que sais-je encore? Mais une petite voix, au fond de moi, se fait audible: est-ce fraternel de laisser quelqu'un d'autre le faire? je reviens en arrière, court après le sachet, l'attrape enfin, le rammasse, descend à la poubelle collective de l'immeuble pour le déposer. Ce n'est qu'un geste minuscule, presque rien. Mais n'est ce pas plus fraternel d'offrir à la personne suivante qui passera ici un monde un tout petit peu plus beau, car débarassé de ce sachet? Mettre un peu de beauté dans le monde, voilà aussi un geste de fraternité.
21:47 Publié dans Se soucier de l'autre | Lien permanent | Commentaires (1) | Envoyer cette note | Tags : fraternité, écologie, environnement
10.01.2008
Je n'ai fait que sourire
Je suis responsable d'un laboratoire de recherche à la fac. Tous les soirs, alors que je suis encore dans mon bureau, un agent d'une société privée passe faire le ménage. Il rentre dans la pièce pour prendre la poubelle et, pour éviter qu'il n'ait à se baisser, je la lui tends en le regardant droit dans les yeux et en souriant: il la prend, la vide et me la rend, me regardant lui aussi en souriant. Pendant des mois, rien d'autre que ces sourires échangés: l'homme fait son travail et moi le mien, dans une relation de respect mutuel. Un jour, au bout de quelques mois, nous commençons à échanger quelques mots: il découvre que je connais son pays, le Togo, pour y avoir mené une action humanitaire. Et nous découvrons d'autres points communs, comme la valeur accordée au soucis de l'autre, le goût pour la fraternité. Les échanges deviendront plus denses. Un jour, il m'annonce son intention de démissioner de la société qui l'a embauché. Je m'inquiète de ses revenus qui risquent de devenir insuffisants. L'homme m'explique alors qu'il possède plusieurs commerces en ville et que ce revenu ne lui est pas nécessaire. Qu'il avait seulement décidé de faire une "expérience" dans le but de constater comment était traité un homme de ménage noir dans une université française. Son constat est accablant: en dehors de notre service, personne n'a croisé son regard, personne n'a sourit, comme s'il n'existait pas. J'en suis révulsée d'horreur: tant de mépris chez nous? Pourtant, je n'ai fait que le regarder et sourire...
22:30 Publié dans Se soucier de l'autre | Lien permanent | Commentaires (1) | Envoyer cette note | Tags : fraternité, sourire, solidarité, paix
17.12.2007
A la caisse de la superette
Ce soir, en sortant du travail, je vais acheter 2-3 babioles à la superette du coin. A la caisse, je remarque le comportement des gens. Une femme appelle un numéro avec son portable alors que son tour est arrivé de payer ses achats. Aucune attention portée à la caissière, puisque la cliente continue la conversation, sans ce soucier des gens autour d'elle et encore moins de la caissière. Une autre met ses articles sur le tapis roulant de la caisse, les récupère à l'autre bout, paie et s'en va. A aucun moment, elle n'a regardé la caissière ou dit un mot. Les gens sont là, mais ils sont plus encore ailleurs. Je me dis que la fraternité, c'est de prêter attention à ceux qui sont à côté de nous maintenant, d'être présente à ces actes simples à l'instant présent. Quand arrive mon tour, je salue la caissière, croise son regard, lui offre un sourire, lui montre qu'elle est présente en moi à cet instant. Pas grand chose en fait, presque rien. Mais la fraternité se construit avec presque rien.
20:54 Publié dans Se soucier de l'autre | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : fraternité, solidarité, dialogue

