01.05.2009
Voyage africain (suite)
Et là, nous retrouvons l'ambiance des grandes villes africaines. Nous sommes au bord de l'océan, le climat ici est difficile à supporter en raison de la moiteur de l'air.. On peut bien sûr se rafraîchir à l'aide des ventilateurs présents dans la maison, mais les coupures de courant sont fréquentes. Les plus riches ont un groupe électrogène, les autres attendent dans cette atmosphère saturée en humidité. Au loin, on entend des coups de tonnerre. Sans doute l'arrivée prochaine de la saison des pluies. Le lendemain, nous nous reposons: ballade en zem, déjeuner dans un restaurant au bord de la plage, courses. Le surlendemain, visite de notre projet au Bénin: un centre de formation pour adultes. Notre interlocuteur, Idrissou, est un jeune béninois, créateur d'une entreprise rentable, qui a tout laissé pour s'occuper d'action humanitaire auprès des siens. En discutant avec lui, je suis une nouvelle fois emmerveillée par ces jeunes africians qui se mettent au service des leurs. Après Iaovi et Alfred, c'est le troisième que nous rencontrons en une semaine. Avec des hommes de cette trempe, il y a beaucoup d'espoir pour ce continent! Mais l'heure avance, il nous faut rejoindre Lomé pour prendre l'avion qui nous ramène en France. Bref voyage, mais que d'enseignements et de souvenirs!
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13.04.2009
Voyage africain
C'est le moment de quitter Alledjo pour le Bénin. Une rude journée de transport se prépare: d'abord quinze minutes de piste jusqu'au bitume, là bas nous montons dans le bus grâce auqeul nous parcourons environ 400 km jusqu'à Lomé, capitale du Togo, puis une voiture pour aller jusqu'à la station de taxis pour le Bénin, ensuite un voyage incomfortable (à 4 sur la banquette arrière du véhicule, les 2 autres passagers ne laissant qu'un tiers de la banquette pour les deux européennesque nous sommes, si bien que nous arrivons courbaturées), le passage de la frontière et ensuite l'arrivée de nuit à Cotonou.. Cotonou est une ville incroyable, située entre la mer au sud, un lac au nord, et à l'est et l'ouest les deux villes de Ouida et Porto Nuovo vec lesquelles elle fnira par fusionner. Impossile de circuler en voiture, tellement il y a des bouchons partout. Seule solution: prendre un zem (abréviation de zémidjans), c'est à dire une petite moto comme une 125 par exemple. Il y a en a environ 100 000 qui sillonnent la ville, sans autre plaque d'immatriculation qu'une plaque avec marqué "Dieu te bénisse" ou "Allah est miséricordieux". Cette absence de plaques ouvre l'avenue à toutes les fraudes, car comment repérer la moto qui a commis une infraction? le carburant est souvent frelaté (il a des oléoducs pas loin, de l'autre côté de la frontière avec le Nigéria. Nous trouvons deux chauffeurs de zems, qui n'hésitent pasà nous embarquer en prenant les bagages entre sur leurs bras, tout en conduisant.. Et nous finissons par arriver à bon port chez nos hôtes, deux membres de l'association résidant au Bénin.
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11.04.2009
Kara
Nous voici donc sur la route pour Kara. Nous empruntons une route traversant une zone montagneuse; elle est à flanc de côteu et lorsque l'on regarde vers le bas, c'est le vertige! et au fond, dans la vallée, un nombre incroyable de cadavres de camions et de vieilles voitures, abandonnées. Je pense à tous ces gens, morts sans doute.. A Kara, nous nous rendons d'abord dans une bouangerie assocée à un centre de formation à cette profession. Il semble simple d'organiser la formation de la personne qui transmettra ensuite les rudiments du métier et nous quittons leslieux avec toutes les informations utiles: le coût de la formation, le coût de l'hébergement.. Nous voici à présent devant Mma Yaya. Elle est vétérinaire, extrêment compétente, mais aussi pleine de générosité. Elle nous donne toutes les informations utiles sur le prix de l'aliment pour les porcs, les cours concernant l'achat et la vente d'animaux, les modes l'élevage. Elle est prête à nous aider, et nous sommes certaines que notre projet de porcherie pour le village de Dussidé tient la route si Madame Yaya accepte de nous donner un coup, ce qui semble être le cas. Npus pouvons donc envisager la suite de notre voyage, vers le Bénin, pour visiter un autre projet, en toute sérénité.
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10.04.2009
Alledjo
Avant de partir pour Kara, notre interlocuteur Alfred nous propose une visite du village d'Alledjo. L'endroit est contrasté.. D'une part, on y trouve un centre de retransmission pour les radios et télévisions, tout à fait équipé, où des séries TV s'affichent sur les écrans, donnant à voir un monde où la société de consommation est reine. Et de l'autre, les habitants dans leurs concessions en banco traditionnel, où on va de surprise en surprise en allant d'une cour à l'autre. Comme lorsque nous croisons quelques gamins en train de frire des grenouilles géantes au milieu de l'après midi! L'Afrique est plus contrastée que pauvre, et même si par certains aspects elle peut sembler pauvre, il s'agit d'une pauvreté surtout économique, mais associée par ailleurs à une immense richesse humaine et spirituelle: ces gens ont beaucoup à nous apprendre sur le don et le bonheur d'exister!
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31.03.2009
Faire le point
Ce matin, il s'agit de faire le point sur les projets humanitaires que l'on nous a déjà présentés: la boulangerie en lien avec le centre de formation, la porcherie, la bergerie. Lequel de ces projets privilégier si on ne peut pas les mener tous de front? étudier certains détails dans les dossiers, pour comprendre ce qui nous manque encore comme information. Tiens, c'est quoi le prix de la nouriture pour porcs? d'une visite du vétérinaire? de la farine pour fabriquer le pain? d'une formation en boulangerie? tous ces éléments sont indispensables pour évaluer la faisabilité du projet et comme nous repartons demain vers d'autres lieux, pour visiter d'autres projets, il nous faut faire vite. Certains détails nous manquent encore: nous décidons d'aller à Kara, une ville plus importante située au nord, pour rencontrer des experts qui pourront nous renseigner..
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28.03.2009
Culture du don au bord de la piste
Les habitants du village nous offrent un repas: du fou-fou d'igname et du poulet, que nous mangeons ensemble avec les habitants, à l'aide de nos mains. Puis, après un rapide tour du village qui nous montre que les habitants ont déjà été destinataires d'autres projets humanitaires comme un puit et un dispensaire, nous reprennons la piste par un chemin assez accidenté. Il faut traverser à nouveau le village de Dussidé et là, un habitant nous arrête, en nous disant qu'il veut nous faire un cadeau. Il envoie un garçon attraper un jeune coq, et nous voilà dans la voiture en compagnie de l'animal vivant, dont les pattes ont été attchées pour l'empêcher de bouger. Nous somems, Patricia et moi, peu habituées à ce genre de compagnie caquetante! Il parviendra cependant à s'échapper au cours d'une pause que nous fîmmes pour le pick nick au bord d'un barage (Alfred avait tout prévu: eau, plat, fruits, même une table et des chaises!), et il s'agira alors de le rattraper..
Au cours du chemin qui nous ramène à Allédjo, je me dis que ces gens n'ont presque rien (quelques poules, un peu d'ignames), mais qu'ils donnent le peu qu'ils ont! c'est une belle leçon à retenir. Ils ont tant de choses à nous apprendre, qu'on revient enrichi de ce voyage africain de toutes leurs belles valeurs.
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25.03.2009
L'entente entre tribus
On dépeint souvent l'Afrique comme un continent déchiré par les guerres tribales, qui seraient à l'origine de tous ses maux. Pourtant, c'est l'inverse que nous avons pu observer dans le second village dans lequel nous nous sommes rendus ce jour là. En effet, les habitants nous proposent un projet de bergerie collective. Quand nous nous intéressons à la composition tribale du village et du groupement qui est chargé de gérer cette bergerie, nous découvrons qu'il réunit des kotokolis, des kabyés et des peuls, trois éthnies très différents par leur langue, leur culture, leurs danses, leur musique, leurs traditions. Les kotokolis sont principalement muslulmans et les kabyés principalement chrétiens, les peuls sont des bergers nomades. Plus impressionnant encore: le groupement comporte non seulement des personnes de diverses tribus, mais des des femmes aussi bien que des hommes. Qui a dit que l'Afrique était déchirée par les guerre tribales et misogyne? Ce que nous observons est bien différent: des personnes de diverses ethnies qui construisent ensemble un projet, qui font la fête ensemble, qui se partagent repas et vin de palme. Serais je naïve et idéaliste? je ne crois pas, je ne parle que de faits, c'est à dire d'élements objectifs que j'ai pu constater.. Donc, cessons de contempler ce continent avec ce regard toujours suspicieux et négatif: l'Afrique est belle, ses peuples font la fête ensemble!
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23.03.2009
Le village de Dussidé
Aujourd'hui, notre programme prévoit de nous rendre dans deux villages pour rencontrer les habitants et parler avec eux de leur projet. Nous voilà donc à Dussidé, un petit village chrétien. Nous sommes accueillis par toute la population de village.: hommes, femmes, jeunes, vieux, enfants en bas âge (les enfants plus grands sont scolarisés). Discours des habitants qui nous souhaitent la bienvenue; discours de Patricia, présidente d'Acapahu (notre association humanitaire) qui explique les buts de notre association (plus sur http://acpahu.site.voila.fr/). Ensuite, les habitants nous parlent de leur pojet de construction d'une porcherie: les porcs qui pâturaient dans les environs ont été décimés par une épidémie de peste porcine; la seule solution est donc une porcherie collective, que tout le village entrediendrait à tour de rôle. Le bénéfice permettrait de mettre en place une sécurité sociale. En outre, ce projet permet d'améliorer le rendement agricole (en exploitant les déchets de la porcherie) et l'hygiène (en empêchant que les excréments ne soient disséminés partout). Chaque discours est traduit. Nous posons des questions, l'échange devient tonique et enthousiaste. Après cet échange, le son du tam tam et le vin de raffia offerts en partage. Puis, c'est la visite des lieux: l'endroit a été choisi avec soin, à l'écart des habitations et à proximité de l'eau. C'est vraiment beau se voir cette population soudée, cette démarche pour améliorer la coopération entre les habitants et la solidarité entre eux! Mais déjà il faut reprendre le véhicule pour aller au village suivant..
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21.03.2009
Arrivée à Alledjo
Nous nous installons chez nos hôtes (deux prêtres: l'abbé Alfred et le Curé Nicolas, par ailleurs vicaire général du diocèse de Sokodé) et dégustons un bon repas, cuisiné avec soin. C'est assez confortable ici, puisqu'il y a l'électricité (mais pas l'eau) Dans la cour, de beaux frangipaniers en fleur, leur odeur est délicieuse. Et nous voilà repartis par la piste pour explorer le premier projet: celui d'un centre de formation. Nous trouvons là 6 jeunes, qui reçoivent une formation humaine et professionelle. Le centre comporte actuellement une cuisine/salle à manger, un four à pain, une porcherie, un jardin et 4 cases. Un magasin est en cours de construction. Le four à pain et la porcherie permettent de générer des revenus pour financer la formation. En Afrique, la formation humaine comporte aussi un volet spirituel. Je suis étonnée de voir ces jeunes garçons s'adonner aux travaux de cuisineet au macramé (autre activité proposée pour générer des revenus). Le but du projet qu'on nous propose ici est la création d'une boulangerie, qui permettra à la fois la formation professionnelle de ces jeunes et de ceux des environs, mais génèrera aussi un bénéfice pour assurer la pérénité du centre. Certains de ces jeunes viennent de l'autre bout du pays et sortent de situations difficiles de désinsertion sociale. Ils sont discrets, courtois, agréables, un grand contraste avec mes préjugés sur les jeunes en situation difficile.
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20.03.2009
Le bus
A présent, nous voilà dans le bus. Il emprunte la route nationale qui va du sud du pays jusqu'au Nord, à la frontière du Burkina Fasso. Je me replonge dans les souvenirs de mes précédants voyages dans ce pays, il y a presque 20 ans. Au bord des routes, on voit de nombreuses personnes qui vendent quelques ananas, des savons, du poisson, en fonction de l'endroit où nous sommes. Il y a aussi les habitations, souvent quelques cases en banco. Et puis le paysage de savanne, avec ses baobabs grandioses, et magnifiques, des acacias, des nérés, des flamboyants. Parfois, une ville comme Atakamé où nous nous restaurons. Ce qui me frappe, c'est la présence de nombreuses mosquées financées par le Koweit et la multitude d'églises chrétiennes locales. D'autres choses ont changé aussi: peu d'enfants au bord des routes (sans doute car ils sont à l'école), peu de personnes atteintes de polyo (il y a eu des campagnes de vaccination et aussi le travail d'associations qui tentent d'appareiller les personnes qui ont été touchées), pas de corruption (il y a 20 ans, on nous demandait fréquemment nos papiers, et il y a avait toujours quelque chose qui n'allait pas..). Bref, je ne peux pas adhérer au pessimisme de mise, selon lequel l'Afrique ne progresse pas.. Plus au nord, le paysage change et devient montagneux. La route emprunte des cols; je frémis car il n'y a pas de protection au bord de la route et je vois les restes de nombreux véhicules tombés dans la vallée. A un moment, il faut descendre du bus, la route étant bloquée par un "titan" (un camion accidenté): le bus emprunte une piste de fortune, et nous le rejoignons plus loin. Nous arrivons à destination au bout de 7 heures de route: nous sommes à Alledjo, au nord de Sokodé. Un véhicule nous attend et nous achemine par une piste de latérite jusqu'à notre destination au village.
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