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Se soucier de l'autre

  • Reprise

    Longs mois de silence sur la toile! Pourquoi me taire? en fait, cette période a été marquée par la grave maladie de ma mère, âgée de 85 ans. Plus de temps pour poster des billets sur blog! Je l'ai acceuillie chez moi et il s'agissait d'abord de trouver de bons médecins, puis de la soigner, de la consoler, de m'occuper de ses diverses affaires, de répondre aux mails, etc.. Maintenant elle va mieux et a repris une vie autonome chez elle. Qu'est ce que j'ai appris pendant ces mois? Deux choses. D'abord sur moi même, car je ne pensais pas pouvoir tenir le coup. Mais dans ce genre de situation, on découvre des forces insoupçonnées en soi. Et ensuite sur les autres, car j'ai été si entourée, si soutenue. J'ai rencontré tant de gens incroyablement solidaires, et recevoir toute cela a été un cadeau si immense. Je ne pensais pas que le monde était si fraternel, et cela m'a fait un bien énorme de la découvrir, de le toucher du doigt. Ce sont des momenst particuliers, où on est je pense encore plus réceptif à l'amitié et à la fraternité!

  • La note du restaurant

    Samedi, alors que je vérifie la note du restaurant, je m'aperçois que le restaurateur s'est trompé, puisqu'il m'a facturé des entrées moins chères que celles que j'avais commandées (le montant incriminé représente 10% de la facture totale). J'en parle aux deux personnes que j'avais invitées, et qui me conseillent de "faire comme si je n'avais rien vu", mais ma conscience m'en empêche. Lorsque je serveur vient pour encaisser, je lui signale donc l'erreur en lui disant de rectifier, mais ce dernier me dit que puisque je l'ai signalé, on peut laisser tel quel. J'en suis heureuse, car un belle relation a pu s'instaurer avec le serveur grâce à ce petit fait. Et les personnes que j'avais invitées ont été heureuses elles aussi, ayant gagné la conviction qu'on ne perd par focément en étant honête!

  • Accueillir

    Depuis quelques temps déjà, j'ai entrepris diverses démarches pour faire venir un étudiant tunisien dans mon laboratoire. Les formalités sont longues, mais voilà que de façon inattendue, Wahid (c'est son nom) m'envoie un message pour me dire qu'il arrive le lendemain matin à Orly. La nouvelle est presque brutale, tellement les choses avaient pris du retard! Je suis en déplacement à Marseille, impossible de chercher Wahid à l'aéroport (à 250 km du laboratoire). Je sollicite donc mes collègues qui répondent positivement à mon appel à l'aide pour bien accueillir Wahid. C'est ainsi que Wahid est cherché à la gare, amené chez un étudiant chez qu'il passe la soirée. J'en suis heureuse, car je sens que toute une dynamique de fraternité est née autour de lui. Je le récupère là, et, comme le CROUS est fermé, je décide de l'héberger à la maison. Le lendemain, mon programme de chef de service est déjà bien chargé et je dois une nouvelle fois faire appel à la générosité de mes collègues. L'un d'entre eux ammène Wahid s'inscrire à la Fac. Quand je reviens de mes rendez vous, je découvre la brutalité administrative. En effet, pour que Wahid obtienne sa Bourse (ce qui lui permet de vivre ici) il lui faut un compte bancaire. Mais pour ouvrir le compte, il faut une adresse. Nous allons à la Cité U et là le CROUS demande une caution et une assurance. Nous cherchons à la va-vite une assurance sur le web, mais celle que nous trouvons nécessite un paiement en ligne, ce qui signifie donc un compte bancaire. C'est donc le cercle vicieux. Dans le cas de Wahid, pas de problème puisque je suis là pour la caution et pour l'assurance. Mais sinon? enfin, nous avons la clef. Il est 18h. J'accompagne Wahid pour l'aider dans le transfert de ces lourds bagages. En rentrant dans la chambre, je vois son lit, avec juste un matelas, sans draps, ni couvertures. A ma question, il me dit qu'on lui a dit d'attendre le lendemain pour les draps! bien sûr, je rentre chez moi chercher le nécessaire, mais que ce serait-il passé si Wahid n'avait connu personne? Morale de l'histoire: a) à force de semer la fraternité, vos collègues se mettent en route à leur tour; b) sans la soucis de l'autre, la bureaucrate peut devenir bien monstrueuse!