09.09.2008

La réciprocité

Parfois, je suis pleine de bonnes intentions. Il y a 8 jours, je me disais que j'allais écrire à X pour lui dire tout mon soutien pour le travail délicat qu'il était sur le point d'entreprendre en Italie, et à Y pour lui souhaiter une bonne année universitaire, et encore à Z pour lui souhaiter un bon anniversaire, sans oublier S, qui devait repasser une épreuve de son diplôme d'infirmière et que je voulais encourager, et une pensée pour M qui venait de perdre sa maman. Et le soir, maigre bilan: je n'avais rien fait! mais voilà que je trouve dans ma boîte mail le courriel d'un ami canadien, venu me souhaiter une bonne rentrée, le jour même de la rentrée! Aussitôt dit, aussitôt fait! alors que je m'apprêtais pourtant à me coucher, m'estimant morte de fatigue, j'écris à X, puis à Z et quelques minutes plus tard je suis en train de choisir la carte la plus approrpiée pour S, et enfin je rédige un mail pour M! D'où m'est venue toute cette energie? mais du mail de cet ami! Je sentais comme une chaîne, initiée ailleurs, et que je pouvais poursuivre ici.. Ce geste de fraternité que l'on reçoit, et que l'on transforme en gestes de fraternité pour d'autres: Une réciprocité qui, plus qu'un retour de manivelle à l'envoyeur, devient germe d'une société plus fraternelle ailleurs! Je me suis couchée 30 minutes plus tard que prévu, mais avec quelle joie en moi!

15.08.2008

Cameroun-Nigeria: exemple d'un conflit réglé par la dialogue

Peu de médias en ont parlé.. Pourtant, depuis hier matin, un différend territorial opposant le Nigeria et le Cameroun a été conclu par le dialogue.. En effet, le Nigeria a rétrocédé au Cameroun la presqu'île de Bakassi, évitant la reprise d'un conflit qui avait sévi dans cette région en 1981. Le conflit datait depuis les indépendances (1960), et a été résolu grâce à la Cour internationale de justice.
A noter: la presqu'île en question est un territoire de 700 kilomètres carrés, riche en ressources pétrolières, gazières et halieutiques. Il ne s'agit donc pas d'une rétrocession sans enjeux économiques. On peut féliciter le courage de la décision du président nigérian, d'autant plus admirable qu'il affronte une forte opposition dans son pays. Ce fait démontre une fois de plus que le dialogue peut éviter bien des morts! Fait intéressant: cette décision exemplaire a été prise entre deux pays africains, alors que les médias ne cessent de nous dépeindre ce continent comme l'exemple-type des guerres tribales et des violences en tout genre. Voici donc un nouvel exemple de tout le positif de l'Afrique d'aujourd'hui!
En entendant à la radio les nouvelles du conflit au Caucase, je regrettais que peu de médias aient évoqués cette nouvelle africaine qui contient pourtant tant d'espoir! Comme si tout le monde s'emballait avec délectation pour la dévastation, comme si le malheur fascinait ces spectateurs avides que certains médias voudraient que nous soyions! "Les malheurs d'autrui ont toujours quelque chose de réjouissant pour le regard des autres.. " (dans Les démons, Dostoïevski). Que ferons nous pour lutter contre cette tendance morbide?

10.07.2008

Encourager

Hier, au travail, je vois un plombier en train de réparer un évier. Il est concentré, très appliqué, et cela au milieu d'une générale indifférence. Il faut dire que dans ce service de recherche à l'université, certains travaux sont valorisés (faire de la recherche, écrire un article, faire une conférence, etc) mais manifestement pas ceux de ce Monsieur. Pourtant, le travail qu'il fait est fort utile et j'en suis toute admirative. Alors, je me dis que parfois, se soucier de l'autre, cela peut consister tout simplement à lui prêter attention et à valoriser ce qu'il fait. Malgré la lourde charge de travail d'une chef de service, je décide donc d'arrêter de tourbilloner pour prendre un peu de temps pour remercier ce plombier du travail tellement utile qu'il fait, l'encourager, et lui dire que nous allons tous beaucoup apprécier le nouvel évier. Je vois qu'il est tout heureux de cette remarque, puis reprend son travail. Ce n'est pas grand chose, mais ce court échange était comme une parenthèse de fraternité qui m'a rendue heureuse et a permis une vraie, quoique fugace, rencontre.

24.05.2008

Concilier défense et soucis humanitaire?

Peu de médias en ont parlé.. Pourtant, hier, à la Conférence de Dublin, un geste important a été posé en ce qui concerne les armes à sous-munitions (ces armes, aussi appelées armes à dispersion, qui dispersent des sous-munitions explosives sur de vastes territoires, causant énormément de victimes civiles). En effet, lors de la conférence de Dublin, censée proposer un traité visant à suspendre l'utilisation de ces armes, la France annoncé par la voix de son Ministre des Affaires étrangères Bernard Kouchner, qu'elle allait retirer immédiatement du service opérationnel la roquette M26, une arme qui représente plus de 90 % des stocks français de sous-munitions. Non seulement cette décision est exemplaire en ce qu'elle anticipe d'éventuelles mesures plus contraignantes, mais aussi parce qu'elle indique que l'on peut parfois concilier défense nationale et soucis humanitaire.

20.04.2008

Aimé Césaire, poète de fraternité et d'humanisme

"Ma bouche sera la bouche des malheurs qui n'ont point de bouche, ma voix, la liberté de celles qui s'affaissent au cachot du désespoir."

Cahier d'un retour au pays natal, Aimé Césaire, éd. Présence africaine, 1956, p. 42

"Et surtout mon corps aussi bien que mon âme, gardez-vous de vous croiser les bras en l'attitude stérile du spectateur, car la vie n'est pas un spectacle, car une mer de douleurs n'est pas un proscenium, car un homme qui crie n'est pas un ours qui danse..."
Cahier d'un retour au pays natal, Aimé Césaire, éd. Présence africaine, 1956, p. 42

"J'ai toujours un espoir parce que je crois en l'homme. C'est peut-être stupide. La voie de l'homme est d'accomplir l'humanité, de prendre conscience de soi-même."

Entrtien avec maryse Condé, Magazine Lire, Juin 2004

06.04.2008

Un sourire d'encouragement

Une réunion décisive se tient concernant -entres autres- le service de recherche de 25 personnes que je dirige à l'université. Je n'y suis pas conviée, mais j'apprend que des décisions y ont été envisagées qui ne permettent pas la survie du service. Tout s'écroule, les efforts de bien des années, et aussi le futur de beaucoup de jeunes docotrants qui travaillent à mes côtés. Ces décisions ont été prises en raison du manque de courage d'un collègue, qui a manifestement préféré ne pas affronter la fronde malveillante d'une jeune collègue, plutôt que de défendre la justice et la rigueur éthique. Le surlendemain, je croise ce collègue à une réunion. Je vois qu'il m'évite, regarde parterre, n'ose pas rencontrer mon regard. La honte sans doute. Que faire? Choisir la facilité et l'éviter moi aussi? Lui jeter un regard haineux? Non, telles ne sont pas mes convictions. Je tente de regarder dans sa direction, mais sans parvenir à croiser son regard. J'insiste, finis par lui faire un sourire. La glace est rompue. Ca n'ira pas plus loin ce soir là, mais promouvoir la paix signifiait entammer à nouveau un minimum d'échanges. Bien sûr, les choses ne sont pas terminées et cela ne m'empêchera pas de continuer à me battre pour le service, mais dans un esprit de justice et de dialogue.

25.02.2008

Points de vue

Mercredi dernier, j'atteris à Pittsburgh vers 22h (heure locale, 4h heure française). Un passant me signale l'éclipse de lune. Je m'installe dans la voiture qui doit m'ammener à mon hôtel et, malgré la fatigue, me plonge avec délectation dans la contemplation Comme elle est magnifique et émouvante, cette ombre sur la lune! Il y a un peu de brume, mais on distingue avec une netteté incroyable les reliefs de sa surface, alors que la partie éclairée est éblouissante comme jamais. Contemplation silencieuse d'abord mais ensuite j'ai envie de partager cela avec le chauffeur. A un arrêt, je lui indique la direction du phénomène. Sa réponse est un choc: "je la regarderais à la télé en rentrant!" me dit-il!! j'ai presque envie de le convaincre qu'il a tort, que c'est une occasion rare (la prochaine est en 2015), etc... Mais en même temps, je me dis que je dois rester ouverte, ne pas le juger. Le plus important est de demeurer avec lui dans ce lien de fraternité cordiale, plutôt que de l'amener à mes propres argeuments. Ce n'est qu'une historie de points de vue

14.02.2008

Demander pardon

Ca y est! Hier, à Canberra (Australie), le premier ministre fraîchement arrivé au pouvoir, Kevin Rudd, a ouvert la session du Parlement en présentant les excuses officielles de l'Australie aux Aborigènes. "Nous présentons nos excuses pour les lois et les politiques des parlements et gouvernements successifs qui ont infligé une peine, une douleur et une perte profondes à nos compatriotes australiens, a déclaré M. Rudd. Aux mères et pères, aux frères et sœurs, pour avoir séparé des familles et des communautés, nous demandons pardon. Et pour l'atteinte à la dignité et l'humiliation infligées à un peuple fier de lui-même et de sa culture, nous demandons pardon. Les termes sont forts, car les demandes de pardon sont très rares dans l'histoire des peuples. Le terme "pardon" a été employé en quelques occasions dans le domaine des relations publiques. On peut par exemple mentionner l'épiscopat français demandant pardon à la communauté juive, le 30 septembre 1997 au camp de Drancy pour sa passivité sous le régime de Vichy ou le Pape Jean Paul II formulant quatre-vingt-quatorze demandes de pardon sur des thèmes aussi divers que les persécutions contre les juifs, les croisades, l'Inquisition, les conversions forcées, l'affaire Galilée, la traite des Noirs, les erreurs commises lors de l'Evangélisation de la Chine... En dehors de l'Eglise, le terme est rarement employé. On peut mentionner la demande de pardon du Syndicat national des policiers en tenue (SNPT) pour l'attitude de la police à l'égard des juifs lors de la seconde guerre mondiale ou la demande faite par le premier ministre belge Guy Verhofstadt aux Rwandais pour le génocide de 1994. Le plus souvent, les états ou institutions diverses demandent des excuses (ce qui signifie que les actes commis étaient excusables, contrairement au pardon, qui peut indiquer que la chose n'est pas excusable), organisent une amnistie ou reconnaissent les fautes commises (c'est loin du pardon). On ne peut être que plus enthousiaste de l'attitude actuelle du premier ministre australien. Car souvent la demande de pardon est nécessaire pour retrouver le dialogue et la paix.

29.01.2008

Ouverture et sectarisme

Ce matin, à la radio (une radio sérieuse, France Culture!), j'entend l'information suivante: à l'Institut Catholique de Paris s'ouvre ces jours ci un diplôme destiné à la formation des immans. En y réfléchissant, je trouve cela plutôt audacieux et positif, témoignant d'une grande ouverture d'esprit à la fois de la part des catholiques et des mulsumans. Un beau pas dans le sens du dialogue entre religions. Je décide d'en savoir davantage et pars donc à la recherche d'informations sur le net. Là, l'horreur: intolérance, sectarisme et bêtise de tous les côtés. En plus, personne ne semble prendre la peine d'aller à la source. Je m'aventure donc sur le site de l'Institut Catholique de Paris ( http://www.icp.fr/fasse/actu.php?recipient_out=1772). Dans la rubrique correspondant à la Faculté des Sciences Sociales et Economiques, on trouve une description très détaillée de la formation. Il s'agit d'un Diplöme universitaire intitulé "Religions, laïcité, interculturalité". Les expressions clefs: compréhension mutuelle entre les différents acteurs d'une démocratie laïque et sociale, problématiques interculturelles et religieuses, laïcité. Je trouve cela plutôt beau que de voir que les acteurs culturels d'une religion décident d'offrir, à ceux qui ne partagent pas leur convictions ou professent une autre religion, la possibilité de se former et de réfléchir à la tolérance, à la laïcité et cela loin des polémiques, des conflits, de tout esprit partisan. Il n'est nullement question de former des immans radicaux comme je l'ai vu sur certains sites. Comme quoi, il est utile de réfléchir, de s'informer, de ne pas réagir comme un ressort à tout ce qu'on entend, degarder l'esprit ouvert et disponible!

17.12.2007

A la caisse de la superette

Ce soir, en sortant du travail, je vais acheter 2-3 babioles à la superette du coin. A la caisse, je remarque le comportement des gens. Une femme appelle un numéro avec son portable alors que son tour est arrivé de payer ses achats. Aucune attention portée à la caissière, puisque la cliente continue la conversation, sans ce soucier des gens autour d'elle et encore moins de la caissière. Une autre met ses articles sur le tapis roulant de la caisse, les récupère à l'autre bout, paie et s'en va. A aucun moment, elle n'a regardé la caissière ou dit un mot. Les gens sont là, mais ils sont plus encore ailleurs. Je me dis que la fraternité, c'est de prêter attention à ceux qui sont à côté de nous maintenant, d'être présente à ces actes simples à l'instant présent. Quand arrive mon tour, je salue la caissière, croise son regard, lui offre un sourire, lui montre qu'elle est présente en moi à cet instant. Pas grand chose en fait, presque rien. Mais la fraternité se construit avec presque rien.

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